IV. Points de référence axés sur la qualité des environnements d’apprentissage

La recherche à long terme confirme que la qualité des programmes d’éducation de la petite enfance dépend du personnel formé dans le domaine, qui dispose des bonnes ressources et qui est reconnu pour le travail qu’il accomplit. Cette section du rapport porte sur le progrès réalisé dans ce secteur. Existe-t-il un programme d’enseignement axé sur des résultats pour appuyer le travail des éducateurs? Est-il harmonisé au système scolaire afin d’appuyer la transition des enfants vers l’école? Les éducateurs de tous les établissements d’éducation de la petite enfance ont-ils suivi une formation en développement de la petite enfance? Les salaires et la reconnaissance tiennent-ils compte du travail important que les éducateurs des jeunes enfants accomplissent? Six points de référence font partie de cette catégorie.

Point de référence 11 : Un programme ou un cadre d’enseignement en éducation de la petite enfance

Les programmes ou les cadres d’enseignement proviennent d’une consultation à grande portée. Ils sont holistiques et axés sur les enfants, ils comportent des objectifs clairs propres à divers secteurs développementaux auxquels les éducateurs et les enfants peuvent aspirer. Le rôle primordial des parents est reconnu et ils sont acceptés comme des partenaires de l’apprentissage de leurs enfants. Un examen du programme d’enseignement documenté dans le tableau 5.14 a déterminé si les provinces avaient mis sur pied un programme ou un cadre d’enseignement pour les établissements d’éducation de la petite enfance. Le point de référence ne nécessite pas l’utilisation du programme d’enseignement dans tous les établissements d’éducation de la petite enfance.

Point de référence 12 : Harmonisation du programme ou du cadre d’enseignement avec la maternelle 

Les enfants passent de la prématernelle à la maternelle à des âges différents ou à des étapes différentes de leur développement. Le programme d’enseignement à la maternelle et les cadres d’éducation de la petite enfance devraient être harmonisés pour tenir compte de cette réalité. Un examen des cadres d’éducation de la petite enfance documenté dans le tableau 5.14 a déterminé si l’éducation de la petite enfance aborde ce problème.

Point de référence 13 : Les programmes pour les enfants âgés de 2 à 4 ans nécessitent qu’au moins deux tiers du personnel possèdent des qualifications en éducation de la petite enfance

Les rapports enfant-personnel sont similaires d’une province ou d’un territoire à un autre, mais le nombre de membres qualifiés du personnel requis selon les politiques ou les règlements varie beaucoup. Pour ce point de référence, « qualifié » signifie la période de formation postsecondaire que le règlement provincial considère comme nécessaire pour être reconnu comme un membre du personnel qualifié dans un établissement d’éducation de la petite enfance. Il est reconnu que les qualifications en éducation de la petite enfance ne sont pas normalisées d’une province ou d’un territoire à un autre. L’UNICEF recommande qu’au moins 50 % du personnel comptant trois années ou plus de formation postsecondaire et que 80 % du personnel travaillant directement avec les enfants ait suivi une formation postsecondaire en développement de l’enfant. Aucune province ou aucun territoire du Canada ne respecte cette norme. Les deux tiers ont été considérés comme un compromis raisonnable (tableau 5.12).

Point de référence 14 : Les éducateurs à la maternelle doivent posséder des qualifications en éducation de la petite enfance 

La maternelle publique est la forme la plus fréquente d’accès à l’éducation de la petite enfance. Pour plusieurs enfants, elle constituera leur seule expérience préscolaire. La qualité des établissements d’éducation de la petite enfance dépend de la capacité des éducateurs qualifiés à comprendre les besoins développementaux des jeunes enfants. Un examen des politiques provinciales a déterminé si une formation en éducation de la petite enfance était nécessaire pour les éducateurs à la maternelle. L’Île-du-Prince-Édouard exige que ses éducateurs à la maternelle obtiennent un diplôme en enseignement spécialisé en éducation de la petite enfance. L’Ontario a été reconnu, car son modèle de dotation imposé par la loi concernant le personnel pour la maternelle pendant des journées complètes nécessite qu’au moins un membre du personnel soit un éducateur de la petite enfance accrédité.

Point de référence 15 : Les salaires des éducateurs de la petite enfance sont inférieurs d’au moins 33 % par rapport aux salaires des enseignants

Les niveaux de rémunération peu élevés pour les éducateurs de la petite enfance sont reconnus dans la littérature comme contribuant aux problèmes de recrutement et de rétention, phénomène qui, en retour, a des répercussions sur la qualité des programmes d’éducation de la petite enfance. La différence salariale entre les enseignants au primaire et les éducateurs de la petite enfance est à l’image du défi. Ces problèmes deviennent de plus en plus évidents quand les éducateurs de la petite enfance travaillent aux côtés des enseignants en milieu scolaire. Ce point de référence porte sur la différence salariale entre les enseignants et les éducateurs de la petite enfance par province, à titre d’indicateur de la valeur relative allouée aux professions. Les salaires des enseignants proviennent d’Indicateurs sommaires des écoles publiques pour le Canada de Brockington pour 2008-2009. Les salaires des éducateurs de la petite enfance proviennent de documents gouvernementaux. Lorsque les renseignements n’étaient pas accessibles, un sondage personnalisé provenant de l’Enquête sur le travail a permis d’obtenir les salaires des éducateurs de la petite enfance qualifiés à temps plein pour 2009-2010. Le point de référence de 66 % tient compte d’une différence salariale entre les deux professions selon des divergences en matière d’études requises (tableau 5.11).  

Point de référence 16 : Accréditation professionnelle en éducation de la petite enfance ou perfectionnement professionnel 

L’accréditation, la certification et la classification constituent des processus de reconnaissance officiels d’un éducateur de la petite enfance et permettent au titulaire de travailler pour un programme d’éducation de la petite enfance. Ces processus ne sont que des approximations de la valeur allouée à la profession. Le perfectionnement professionnel continu est essentiel pour maintenir une main-d’œuvre bien informée sur les pratiques actuelles en matière d’apprentissage et de garde des jeunes enfants et est étroitement lié à des établissements d’éducation de la petite enfance de grande qualité. Le point de référence tient compte de la politique provinciale exigeant une certification professionnelle comme condition de pratique ou un perfectionnement professionnel continu comme condition de maintien de la réputation favorable de la profession d’éducateur de la petite enfance (tableau 5.13).

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