I. Points de référence axés sur les cadres stratégiques pour l’éducation de la petite enfance intégrée

L’OCDE recommande que les provinces et les territoires du Canada entreprennent des démarches pour « établir des ponts entre les services de garde et la maternelle afin d’intégrer l’éducation de la petite enfance sur le terrain, mais également dans les politiques et la gestion » (p. 71). Les évaluations montrent bien l’importance de confier la responsabilité des jeunes enfants à un ministère qui combine l’élaboration des politiques, le financement et les pouvoirs de réglementation. Il est plus facile d’élaborer une vision commune de l’éducation de la petite enfance et d’approuver des objectifs au sein d’un seul ministère. L’administration partagée a tendance à considérer à tort les services de garde comme un service d’aide sociale avec toutes ses faiblesses inhérentes : mauvaise perception du public, peu de financement et personnel sans formation et sous-payé. La recherche canadienne révèle que la combinaison de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants au chapitre de la prestation de services nécessaire pour appuyer les parents qui travaillent (Le point sur la petite enfance 3, chapitre 4) devient rentable. De plus, la surveillance commune évite le chevauchement des administrations et des budgets. D’un point de vue pédagogique, intégrer l’apprentissage et la garde des jeunes enfants permet aux administrateurs et aux éducateurs de mieux aborder le programme d’enseignement qui commence à la naissance et qui continue tout au long de la vie.

En raison de l’importance d’un leadership et d’une gouvernance dans un secteur encore sous-développé, quatre points de référence sont alloués à la gouvernance des systèmes d’éducation de la petite enfance.

Point de référence 1 : Éducation de la petite enfance sous un seul ministère

Un seul ministère qui surveille les services de garde, de même que la maternelle et les autres programmes préscolaires financés par l’éducation constituent l’exigence de base pour ce point de référence (tableau 5.13).

Point de référence 2 : Unité de surveillance de l’éducation de la petite enfance commune

Ce point de référence évalue si l’intégration va au-delà de la colocation de deux secteurs sous le même toit tandis qu’ils sont toujours exploités comme des entités distinctes. Les services d’éducation de la petite enfance se trouvent-ils sous une unité de surveillance commune où le personnel spécialisé est responsable des programmes publics (offerts à l’école) et des programmes privés (services de garde ou établissements préscolaires) en matière d’éducation de la petite enfance (tableau 5.13).

Point de référence 3 : Cadre stratégique commun en matière d’éducation de la petite enfance

Les administrateurs, les gestionnaires systèmes et les éducateurs ont besoin de communications et d’une orientation de la politique très claires, accompagnées d’une vision, d’objectifs, d’échéanciers et de points de référence pour guider leur travail. Certaines provinces ont mis sur pied une direction de la politique pour les programmes d’éducation de la petite enfance offerts dans les services de garde et les écoles. L’exigence de base pour ce point de référence détermine si les orientations de la politique englobent à la fois l’éducation et les soins afin de les harmoniser de manière à appuyer le programme d’enseignement (tableau 5.13).

Point de référence 4 : Autorité locale commune pour la gestion et l’administration de l’éducation de la petite enfance

La gestion et la prestation des services sur le terrain devraient tenir compte de l’intégration des cadres stratégiques à l’échelle provinciale et ainsi ne plus obliger les parents et les enfants à naviguer entre les silos de services. Tous les services d’éducation de la petite enfance, autant publics que privés, devraient être liés à une autorité locale commune responsable de soutenir les normes que comportent les politiques provinciales. Les autorités locales seraient responsables d’organiser la prestation de services d’éducation de la petite enfance afin de faciliter les transitions sans heurt de l’enseignement préscolaire à l’enseignement primaire. Un certain progrès a été réalisé, car des commissions scolaires offrent l’apprentissage et la garde des jeunes enfants aux enfants fréquentant la maternelle et l’école, mais aucune province ne dirige une autorité locale afin de gérer le programme d’enseignement de l’éducation de la petite enfance. Il est reconnu qu’il existe plusieurs tables coopératives, incluant les fournisseurs de services pour l’éducation et les enfants. Ces organismes sont mandatés pour mettre en place la prestation des systèmes ou les normes de qualité. Ce point de référence nécessite une gouvernance locale avec ce niveau décisionnel (tableau 5.13).

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